Les vacances à Vaucottes (1890-1894)
26 jan 2010 Laisser un commentaire
La valleuse de Vaucottes est un ancien « nid de pêcheurs » dont les flancs boisés abritent de somptueuses villas, témoins d’un passé glorieux datant de la fin du XIXème siècle. A cette époque, avec l’arrivée d’estivants fortunés qui lancèrent une véritable mode auprès de leurs amis parisiens, Vaucottes devint une charmante petite station balnéaire.
Marié en 1889 avec Marie-Ernestine LALANNE, dont les parents possédaient une villa à Vaucottes, Maurice LEBLANC y passera cinq étés avant son divorce en 1895…
C’est là qu’il fait ses premiers pas en littérature, à l’abri dans « son royaume » : une vielle caloge à la retraite (*) où il rédige ses premiers contes (voir les recueils « Des couples » et « Ceux qui souffrent ») et établit les bases de son premier roman « Une femme ». C’est aussi au cours de vacances estivales à Vaucottes, que Maurice LEBLANC participe à l’écriture de « Lysistrata ».
Un article de la presse régionale (**) relate l’ambiance festive qui régnait à cette époque sur la côte entre les membres d’une « joyeuse tribu » :
Parmi les hôtes illustres…, « il y a Maurice Donnay, qui fera ses débuts de chansonnier et de revuiste en 1891, puis se tournera vers la comédie de boulevard et connaîtra un petit succès avec « Lysistrata », inspirée de la comédie éponyme d’Aristophane. Maurice Leblanc, lui, est encore inconnu lorsqu’il se joint l’été à la brillante assemblée, qui ne détestait pas, semble-t-il, s’entourer de jolies femmes.
Parmi elles, se détache l’image de la comédienne Cora Laparcerie, qui expérimenta publiquement à Vaucottes, dit-on, la version 1900 du tee-shirt mouillé… Diantre ! »
« Maurice Leblanc, fort d’un joli brin de plume et qui rêve déjà de gloire littéraire, se mêle avec enthousiasme à ceux qui, espère-t-il, l’aideront à conquérir Paris. Il fréquente Maurice Donnay, Amédée Dutacq, les pastellistes Gelhay et Thévenot, les frères Edmond et Ludovic De Jeanson…
Il les accompagne, à vélo, sur les routes de la région. S’offre des excursions à Bénouville, Etretat bien sûr, et au cap d’Antifer ».
A. Lupinès
(*) Ancienne barque de pêche avec une toiture en chaume dont l’intérieur est aménagé en pièce avec une fenêtre.
(**) Article de Paris-Normandie en date du 25/07/2009 signé Franck BOITELLE voir ici. Durant l’été 2009, le quotidien est parti sur les traces d’Arsène Lupin… en 36 épisodes et autant de reportages sur le net accompagnant la publication, jour après jour, du roman Code Lupin de Michel BUSSI (article à venir dans ce blog).



