La construction biographique d’Arsène Lupin (1)

Avant de poursuivre la saga Lupin publiée dans le magazine Je sais tout, je reviens un instant sur les huit premières aventures (*) :

L’Arrestation d’Arsène Lupin, Arsène Lupin en prison et L’évasion d’Arsène Lupin, forment un tout cohérent… ces trois premières histoires proposent, en effet, une sorte d’avant-goût des talents d’Arsène Lupin en matière de métamorphoses et de savoir-faire avec la « crédulité » de son entourage.

Le Mystérieux voyageur, est dans le même registre… la recette reste la même, seul le décor change : le train prenant la place du bateau de la première aventure !

Le collier de la Reine permet au lecteur de découvrir un autre Arsène Lupin (âgé de six ans) accomplissant son premier forfait, motivé en cela par l’humiliation que subit quotidiennement sa mère au service de parents peu amènes et qui, revenant sur les « lieux du crime » une vingtaine d’années plus tard, assouvit enfin sa vengeance.

Le Coffre-fort de Mme Imbert est déterminant dans la carrière d’Arsène Lupin, ici l’aventurier échoue lamentablement dans sa première entreprise d’escroc.

Dans les deux épisodes précédents, on rencontre un personnage solitaire, d’abord orphelin de père… puis de mère, dont les débuts furent hypothétiques mais qui, faisant preuve d’une grande ingéniosité, a su s’ouvrir d’« autres portes » et aller vers d’« autres horizons ». C’est finalement dans ces deux épisodes qu’Arsène Lupin acquiert une grande part de crédibilité sinon… de réalité !

Les nouvelles qui suivent : Sherlock Holmes arrive trop tard et La Perle noire, voient le personnage d’Arsène Lupin prendre de l’épaisseur…

D’abord comme « cambrioleur/détective » auprès de l’illustrissime détective anglais (plus vivant que jamais dans l’imagination populaire) puis comme « justicier/enquêteur » revêtant l’habit du policier pour traquer le crime.

La conclusion vient d’elle-même : épisodes après épisodes, Maurice LEBLANC « étoffe » son personnage, le but étant de faire croire à son existence réelle (voir à ce propos, l’épisode intitulé Le Sept de cœur (Je sais tout n° 28 – Mai 1907) où même les illustrations participent à cette finalité).

A propos du concours Arsène Lupin, en voici les résultats (ils furent publiés en Octobre 1906 dans le n° 21 du magazine Je sais tout) :

Félicitations aux perspicaces « lupiniens & lupiniennes » de l’époque ! Il fallait le faire…

ment votre…

A. Lupinès

(*) Emprunt « lupinesque » à l’article Arsène Lupin : Portait d’un centenaire mythique dans la revue Temps Noir n° 9, éditeur Joseph K. (Mars 2005), voir à ce propos l’article consacré à Nadia DHOUKAR sur le blog.

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