1894/04 : Ceux qui souffrent (2)

Le livre reçoit l’estime de quelques hommes de lettres dont Alphonse DAUDET qui écrira à Maurice LEBLANC (*) : « Je vous remercie de tout mon cœur pour le plaisir très vif, très neuf et délicat que m’a donné la lecture de votre volume de nouvelles… Je ne vous connaissais pas, ou bien peu ; maintenant, je me languis déjà de votre prochain livre, et vous avez, au rayon des subtils et des passionnels, une place d’honneur dans la bibliothèque de mes lectures préférées. »

Et comme précédemment annoncé, je vous offre : Ma Vie… enfin, entendons-nous bien : il s’agit de celle de cet amoureux éconduit, maladivement romanesque, que peint avec brio Maurice LEBLANC (par certains côtés, on peut même penser que la nouvelle est autobiographique) :

Note : Parmi les quatre contes de la série « ceux qui souffrent » non repris en volume, il faut signaler que Monsieur et Madame Jumelin (Gil Blas du 19/12/1892) sera repris en 1896 dans le recueil « Les Heures de mystère ».

ment votre…

A. Lupinès

(*) Maurice LEBLANC Arsène LUPIN malgré lui de Jacques DEROUARD aux éditions Séguier (1ère édition 1989, 2ème édition revue et corrigée 2001).

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1894/04 : Ceux qui souffrent (1)

Ceux qui souffrent est un recueil de nouvelles parues dans le Gil Blas dont Maurice LEBLANC est chroniqueur depuis octobre 1892.

Le livre, édité chez Paul OLLENDORFF en avril 1894, reprend presque intégralement les nouvelles de la série « ceux qui souffrent » (26 des 30 nouvelles), publiés de 1892 à 1894 dans le journal :

NB : L’édition présentée ci-dessus est une édition originale avec une reliure récente (couverture d’origine absente) format initial : 12 x 18,8 cm, 348 pages.

Liste des contes et nouvelles de la série « ceux qui souffrent » parus dans le Gil Blas avec indication de ceux repris dans le volume éponyme (*) :

1892

03/10 Mentir ! (repris en volume, p 35)
10/10 Le Fardeau (repris en volume, p 21)
17/10 L’Elevage (repris en volume, p 185)
24/10 Les Portes de Saint-Maclou (repris en volume, p 233)
31/10 La Visite (repris en volume, p 49)
07/11 Le Haï (repris en volume, p 1)
21/11 Cent sous (repris en volume, p 143)
05/12 Sous le Lit (repris en volume, p 273)
12/12 Dick (repris en volume, p 285)
19/12 Monsieur et Madame Jumelin (non repris)

1893

09/01 La Vierge (repris en volume, p 171)
19/01 Fernande (repris en volume, p 157)
30/01 Le Secret (repris en volume, p 87)
27/02 Un Malentendu (repris en volume, p 245)
13/03 Histoire sans titre : « Il entra comme un fou, et… » (non repris)
27/03 Les Lèvres (repris en volume, p 199)
03/04 La Charité (non repris)
29/05 Zouina (repris en volume, p 63)
12/06 L’Indécis (repris en volume, p 101)
26/06 Le Pari (repris en volume, p 307 sous le titre L’Echafaud)
03/07 La Trahison (repris en volume, p 221)
31/07 Un Suicide (repris en volume, p 211)
14/08 Petit Monsieur (non repris)
28/08 La Réconciliation (repris en volume, p 125)
04/09 Ma Vie (repris en volume, p 111)
11/09 L’Arbre (repris en volume, p 297)
18/09 Désirée (repris en volume, p 317)
25/09 Abraham Chien (repris en volume, p 75)
16/10 La Pitié (repris en volume, p 259)

1894

09/04 Le Consolateur (sous titre « Ceux qui souffrent, conclusion » repris en volume, p 333)

Le journal des débats politiques et littéraires en date du 15/04/1894, dans son édition du matin, informe ses lecteurs de la parution de l’ouvrage :

Ainsi donc, dans ces nouvelles, Maurice Leblanc s’ingénie à révéler les souffrances des « âmes malades »… souffrances souvent issues de douleurs ridicules ou d’espoirs grotesques !

A titre d’exemple, la première nouvelle du recueil : le haï… c’est « l’amère souffrance de passer inaperçu » qui conduit François Herledent à se faire détester par son voisin au point de faire en sorte que celui-ci le tue. La finalité recherchée par François Herledent étant de… ne plus être indifférent aux yeux des autres !?

Pour la deuxième nouvelle : le fardeau… c’est l’inverse, Louise aurait pu être heureuse dans l’anonymat, repliée sur elle-même, à l’abri du regard des autres, mais elle ne le fut point, la faute à… son énorme poitrine qui attirait immanquablement les yeux ! Pour s’échapper, Louise s’enferme dans un cloître mais, là encore, son obsession la poursuit : « elle n’ose plus prier, car la prière attirerait l’attention du Seigneur sur sa poitrine sacrilège ».

Les récits sont courts, écrits « au scalpel », parfois même « au vitriol »… beaucoup ont pour cadre la Normandie, certains cachent sans doute des éléments autobiographiques, c’est sans doute le cas de ma vie que je vous offrirai dans la deuxième partie de cet article…

ment votre…

A. Lupinès

Crédit :

(*) Chapitre « Bibliographie chronologique » in Maurice LEBLANC Volume 4 aux éditions du Masque-Hachette-Livre.

Les vacances à Vaucottes (1890-1894)

La valleuse de Vaucottes est un ancien « nid de pêcheurs » dont les flancs boisés abritent de somptueuses villas, témoins d’un passé glorieux datant de la fin du XIXème siècle. A cette époque, avec l’arrivée d’estivants fortunés qui lancèrent une véritable mode auprès de leurs amis parisiens, Vaucottes devint une charmante petite station balnéaire.

Auteur : Nick Ad@ms

Marié en 1889 avec Marie-Ernestine LALANNE, dont les parents possédaient une villa à Vaucottes, Maurice LEBLANC y passera cinq étés avant son divorce en 1895…

C’est là qu’il fait ses premiers pas en littérature, à l’abri dans « son royaume » : une vielle caloge à la retraite (*) où il rédige ses premiers contes (voir les recueils « Des couples » et « Ceux qui souffrent ») et établit les bases de son premier roman « Une femme ». C’est aussi au cours de vacances estivales à Vaucottes, que Maurice LEBLANC participe à l’écriture de « Lysistrata ».

Un article de la presse régionale (**) relate l’ambiance festive qui régnait à cette époque sur la côte entre les membres d’une « joyeuse tribu » :

Parmi les hôtes illustres…, « il y a Maurice Donnay, qui fera ses débuts de chansonnier et de revuiste en 1891, puis se tournera vers la comédie de boulevard et connaîtra un petit succès avec « Lysistrata », inspirée de la comédie éponyme d’Aristophane. Maurice Leblanc, lui, est encore inconnu lorsqu’il se joint l’été à la brillante assemblée, qui ne détestait pas, semble-t-il, s’entourer de jolies femmes.

Parmi elles, se détache l’image de la comédienne Cora Laparcerie, qui expérimenta publiquement à Vaucottes, dit-on, la version 1900 du tee-shirt mouillé… Diantre ! »

Diantre oui : la petite est mignonne… foi d’Arsène Lupin !!

« Maurice Leblanc, fort d’un joli brin de plume et qui rêve déjà de gloire littéraire, se mêle avec enthousiasme à ceux qui, espère-t-il, l’aideront à conquérir Paris. Il fréquente Maurice Donnay, Amédée Dutacq, les pastellistes Gelhay et Thévenot, les frères Edmond et Ludovic De Jeanson…

Il les accompagne, à vélo, sur les routes de la région. S’offre des excursions à Bénouville, Etretat bien sûr, et au cap d’Antifer ».

ment votre…

A. Lupinès

(*) Ancienne barque de pêche avec une toiture en chaume dont l’intérieur est aménagé en pièce avec une fenêtre.

(**) Article de Paris-Normandie en date du 25/07/2009 signé Franck BOITELLE voir ici. Durant l’été 2009, le quotidien est parti sur les traces d’Arsène Lupin… en 36 épisodes et autant de reportages sur le net accompagnant la publication, jour après jour, du roman Code Lupin de Michel BUSSI (article à venir dans ce blog).

1907 : Une femme (3)

Une femme est réédité en 1907, toujours chez Paul OLLENDORFF avec cette fois, une superbe couverture d’Emile BLANCHE, cependant cette édition et les suivantes présentent des coupures par rapport à l’édition originale (notamment la suppression du voyage de noces de l’héroïne en Bretagne !?) :

Encore une fois, un grand merci à l’« archiviste » Hervé Lechat pour cette merveille (il eut été vraiment dommage de ne pas l’avoir dans ce blog !)

ment votre…

A. Lupinès

1893/05 : Une femme (2)

Le journal des débats politiques et littéraires en date du 26/05/1893, dans son édition du matin, informe ses lecteurs de la parution de l’ouvrage :

Le Gaulois du 30/05/1893, sous la plume de J. CORNELY, en fait un résumé :

et, fustige… « la jeunesse » de l’auteur :

Un peu plus tard, le journal des débats politiques et littéraires du 10/07/1893, indique que le livre « produit une grosse sensation et qu’il est vigoureusement attaqué par la presse »… le journal ajoute « malgré les attaques, Une Femme obtient un gros succès ».

D’après Jacques DEROUARD (*), une femme aurait connu une bonne dizaine d’éditions de cinq cents exemplaires chacune, tirage honorable à l’époque.

ment votre…

A. Lupinès

Crédits : Merci à l’« archiviste », Hervé Lechat pour l’article du journal le Gaulois.

(*) Maurice LEBLANC Arsène LUPIN malgré lui aux éditions Séguier (1ère édition 1989 uniquement)… si je compte bien cela ferait 5.000 exemplaires pour un auteur inconnu du grand public, pour l’époque : ce serait même un gros succès !

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