Etrennes 2011 (2)

Pour en finir avec les étrennes 2011, venons-en au plus… disons, douloureux : la reprise des « Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin » aux éditions Jean-Claude GAWSEWITCH :

Edition de masse : 17,3 x 23,7 cm (ép. 3,5 cm pour 900 gr, couverture souple), 368 pages sur 2 colonnes avec de nombreuses illustrations.

Voilà certainement ma plus grosse déception en cette fin d’année…

L’ouvrage aurait pu être une véritable référence en la matière comblant un manque certain et qui plus est, un superbe « cadeau » de Noël ou de Noëlle (si c’est mamie fortunée qui l’offre)… hélas, mille fois hélas et tant pis si je froisse certains, cette réédition n’est pas à la hauteur de ce qu’elle aurait du être me laissant l’amer sentiment d’un « gros gâchis » : gros par le poids et le prix… gâchis pour le reste !

C’est peut être un peu « lourd » de ma part mais c’est à la mesure de ma déconvenue !!

Après une lettre introductive où s’exprime l’affectueux souvenir familial, le lecteur fortuné trouve une brillante introduction non signée (c’est bien la première fois que je vois ça!?) qui le transporte aux temps bénis du roi des magazines… celui qui dit tout car il « sait tout » sur le roi des voleurs.

Il y a ambiguïté… la préface n’est pas l’introduction ! Alors rendons à César ce qui lui est dû et à un grand ami, aperçu furtivement dans ce blog, la griffe de son coup de patte félin : H. LECHAT !!

Ceci dit, ce n’est pas tout : à la « traîtrise » s’ajoute à la page 308… l’incohérence. En lieu et place de « l’aiguille creuse », le lecteur y trouve le début des confidences du gentleman (les trois premières histoires seulement).

Je veux bien croire que l’épaisseur de « l’aiguille » ne permettait pas de trouver sa place à la suite de « la lampe juive » mais quand même… c’est un comble de se « moquer » (pour ne pas dire autre chose) des lupiniens à ce point !!

Toutefois, me direz-vous… cette édition ne leur est peut être pas destinée !?

Pour votre information, sachez cher éditeur que « les confidences d’Arsène Lupin » forment un tout cohérent et que vous vous permîtes de dissocier l’indissociable !

C’est un manque de respect évident pour l’œuvre, l’auteur et accessoirement… le lecteur.

Pourquoi ne pas avoir tout simplement « césurer » à la 307ème page !?

Autre « point noir » : bien que toutes les illustrations de la revue Je sais tout soient présentes, la qualité n’est pas au rendez-vous… à l’instar du portrait de Maurice LEBLANC, les reproductions sont plutôt sombres et manquent de « netteté », de « définition ».

C’est tout de même curieux qu’en 2011, on ne soit pas capable de faire aussi bien qu’en 1905 !?

Sans doute une histoire de papier, me direz-vous !

A ce propos, celui utilisé par l’imprimeur a une grosse appétence pour l’eau… papier et eau ne font pas bon ménage mais celui-là : c’est un vrai buvard.

Il y a quand même du positif dans cette édition outre, bien entendu, la restitution des textes dans leur jus originel (pour laquelle ce blog milite ardemment)… la police de caractères utilisée est « super lisible » et rend la lecture très agréable.

Cependant, il n’en reste pas moins vrai qu’in fine, il manque six histoires pour atteindre les vingt annoncées… où sont-elles passées ?

Nous fera-t-on croire que l’éditeur ne sait pas compter !? (ça, je n’y crois pas un instant)

Arsène Lupin est-il passé par là ??

Ou bien… doit-on crier : au voleur !!

ment votre…

A. Lupinès

Etrennes 2011 (1)

Heureux lupiniens qui ont pu trouver cette année au pied du sapin un nombre inhabituel de présents tout à la gloire du gentleman et de son historiographe : 2011 restera certainement un bon cru et cela malgré un gros « loupé » (voir 2ème partie) !

Mais commençons par le meilleur qui n’a d’ailleurs rien de lupinien… c’est un véritable bonheur que de voir enfin réapparaître « Une Femme », le premier roman de Maurice LEBLANC dont il a déjà été question dans les pages de ce blog.

L’ouvrage est repris aux éditions des falaises (avril 2011) avec une préface de l’irremplaçable Jacques DEROUARD, l’incontournable biographe de Maurice LEBLANC :

Réédition pour grandes poches : 13 x 21 cm (ép. 2,8 cm pour 440 gr, couverture souple avec rabats), 351 pages sans illustration.

Le roman appartient au genre « naturaliste » et à ce titre, il se veut une peinture réaliste de la société y compris dans ses aspects immoraux ou vulgaires… Jacques DEROUARD note que Maurice LEBLANC y règle ses comptes avec la bourgeoisie rouennaise qui lui a valu bien des malheurs dans sa jeunesse dont un an d’exil dans la brumeuse Angleterre (déjà pour une histoire de femme !).

Saluons une nouvelle fois les éditions des falaises qui produisent, cette fois encore, un livre de qualité et qui plus est… conforme à l’édition originale ! Ainsi, le voyage de noces de l’héroïne en Bretagne, absent de la réédition OLLENDORFF de 1907 (!?), a retrouvé sa place initiale (Chapitre II).

Extrait de l’œuvre :

« Le vice l’attendait comme un fiancé, comme un maître auquel il faut obéir. Elle était condamnée à l’adultère, et elle ne pouvait pas plus échapper à son destin que ne peut échapper à la mort le criminel désigné par la justice humaine. Elle entrerait fatalement dans l’innombrable tourbe des coupables et des menteuses, comme elles, sans doute, ballottée d’amour en amour, comme elles abreuvée d’opprobres et de honte, comme elles promise à d’âpres voluptés et à d’inexprimables écœurements. »

Faisons le souhait que 2012 voit la réédition de « ceux qui souffrent »…

——– o ——– O ——– o ——–

Avec le XXIème volume de la bibliothèque rouge aux éditions les moutons électriques, André-François RUAUD propose « Arsène Lupin, une vie », quatrième version de son Arsène Lupin dont nous avons déjà parlé dans les pages de ce blog :

Nouvelle édition pour « ruaud-dépendants » : 17 x 21 cm (ép. 3 cm pour 622 gr, couverture souple avec rabats), 348 pages avec deux livrets d’illustrations.

« Les nombreuses vies d’Arsène Lupin ont été remaniées : plus de texte, moins d’images… hélas, j’avoue ne pas avoir encore trouvé le temps de me plonger sérieusement dans cette nouvelle mouture du voyage en « Lupinie » proposé par l’auteur.

A première vue, André-François RUAUD a complètement réécrit son texte, parions que ce n’est pas pour rien et qu’il a su y intégrer de nouvelles trouvailles…

——– o ——– O ——– o ——–

Côté cinéma, Gaumont a sorti en DVD « Signé Arsène Lupin » d’Yves ROBERT, scénario de Jean-Paul RAPPENEAU (N & B – 1959 – durée : 1h36) dans sa collection Gaumont à la demande :

La copie en DVD est d’excellente qualité tant pour l’image que pour le son !

Certes, Robert LAMOUREUX (disparu en 2011) n’est pas l’Arsène Lupin de référence mais il y a-t-il seulement une référence possible pour le rôle? L’acteur est fidèle à lui-même : vif, gouailleur et enjoué dans un film plaisant qui s’est attaché uniquement au coté facétieux du gentleman !

Je ne peux résister à la tentation de recopier l’inscription laissée par une main lupinienne sur le mur d’une cellule :

« ARSENE LUPIN NE VOLE QU’AUX RICHES
LA REPUBLIQUE N’A RIEN A CRAINDRE »

Sans commentaire…

ment votre…

A. Lupinès

Vœux 2012

Pour la troisième année, l’agence vous adresse ses meilleurs vœux :

Après la superbe « dame blonde » retrouvée l’an dernier, l’agence se devait de poursuivre ses investigations et cette fois encore, l’esprit du gentleman ne sera pas trahi… foi de Lupin !!

ment votre…

A. Lupinès

Crédit : Esther RALSTON, la sublime « vénus américaine » star du cinéma muet des années 20 photographiée par Nickolas MURAY en 1926.

Vie du blog (2)

Le blog de l’Agence Lupin & Cie a été « relooké » (changement de thème parmi ceux proposés par wordpress), le fond blanc a laissé la place à un fond de couleur – imitant le papier ancien – moins « agressif » pour les yeux, la lisibilité demeure inchangée avec une largeur de colonne plus grande (un gain de 10% sera désormais possible sur les images après leur redimensionnement !)

Une nouvelle « page » a été ajoutée (Repères), elle propose une chronologie succincte et aussi exhaustive que possible des œuvres de Maurice LEBLANC (des liens seront créés au fur et à mesure vers les articles du blog !).

En ce qui concerne l’évolution des visites, l’article précédent faisait état de 1.000 visiteurs au bout d’un mois (27/01/2010), s’il convient toutefois de remplacer le terme « visiteur » par « pages visualisées », il n’en demeure pas moins vrai que deux mois après le lancement le compteur affichait : 2.000 (18/02/2010), quatre mois après : 5.000 (11/04/2010) et aujourd’hui, un peu plus de 7.000 !

L’Agence Lupin suscite visiblement la curiosité, quelques commentaires et je l’espère, car c’est le but, de l’intérêt pour Maurice LEBLANC et son œuvre car… Elle : elle le vaut bien !

Enfin, n’hésitez pas à vous abonner par le biais des flux RSS (il suffit pour cela d’une adresse mail), dés qu’un nouvel article ou un commentaire sera publié, il vous parviendra automatiquement…

Les commentaires sont aussi les bienvenus surtout lorsqu’ils corrigent erreurs, erratums & errements !

ment votre…

A. Lupinès

Crime & Châtiment pour l’AAAL

« L’Association des Amis d’Arsène Lupin (AAAL) » compte, cette année, 25 ans d’existence. Fondée par le philosophe essayiste François GEORGE en 1985 afin de « faire connaître la pensée d’Arsène Lupin ainsi que son action », l’association a pour but de rassembler les amis du gentleman-cambrioleur.

Fédérant « lupiniens » et « lupiniennes » autour de leur passion commune, l’AAAL s’adresse à un large public de tous horizons donnant à chacun l’occasion d’échanger idées et opinions mais aussi, éventuellement… montres ou portefeuilles à l’instar du « Maître » !

L’association essaie également de collecter tous documents publiés sur Arsène Lupin afin de constituer un véritable fond documentaire.

Elle organise aussi régulièrement des manifestations dans la France entière…

C’est ainsi que le samedi 19 juin 2010, l’AAAL a jeté son dévolu sur le Musée d’Orsay (ex Gare d’Orléans) en la bonne ville de Paris :

Orsay au temps d’ la mère PICON & du père DUBON-DUBONNET !

Le but premier étant de visiter l’exposition « Crime & Châtiment » (exposition temporaire du 16 mars au 27 juin) expression douloureuse de la lutte éternelle entre le bien et le mal !

Un but secret – connu des seuls initiés de l’association – était également prévu (voir in fine)…

Le programme de la journée s’annonçait plutôt chargé et il commença de manière très conviviale autour d’un déjeuner, in situ, dans les ors et le décorum du restaurant aménagé dans les anciens locaux de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans (PO) :

Secret d’état : ouistiti… ça marche toujours !

Sitôt le café avalé, le noyau « lupinien », élargi pour l’occasion à de biens sympathiques « électrons libres » de la planète On Va Sortir, se dirigea sur la pointe des pieds, en file indienne, vers l’objet premier de la manifestation du jour :

Je dois ici confesser que je n’étais pas « emballé » à l’idée de visiter cette exposition ! N’étant pas particulièrement attiré par la « morbidité » du sujet et arguant du fait qu’Arsène Lupin et le crime sont aux antipodes l’un de l’autre…

Quant au châtiment : Ah, ah ! Encore eut-il fallu l’attraper ce bougre d’Arsène !!

Mais voilà, une invitation de Dostoïevski ne se refuse pas et au-delà du crime, la question du Mal et du contexte social ou métaphysique ne s’élude pas si facilement.

Rappelons ici que deux siècles furent nécessaires à la France pour abolir la peine de mort (1791-1981) et renoncer ainsi à ce fantastique pouvoir arraché par les hommes à Dieu et… au Roi !

Que trouvons-nous ?

La dualité Bien/Mal, la vie et la mort, la souffrance des corps, celle de l’esprit ou de l’âme, et tout particulièrement : l’expression au moment « fatidique »… le regard de l’autre, son propre regard sur l’autre, celui de l’autre sur soi.

La volonté apparente de l’exposition semble être d’interpeller le visiteur, de l’interroger, de le « soumettre à la question » à propos de la responsabilité ou de l’irresponsabilité !

William BLAKE : Le Blasphémateur (vers 1800) – Tate Gallery, Londres.

Il y a là, mis en scène dans un ordonnancement habile, des textes, des tableaux, des photos, des sculptures, des moulages, des instruments anciens ou « modernes » créés par l’homme pour rendre la justice et le châtiment plus « conforme » à l’évolution de la société et de ses modes de pensée.

On y trouve l’insensée – quoique à bien y regarder !? – « machine à tuer » échappée des pages de « La colonie pénitentiaire » de Franz KAFKA et celle, bien réelle – en rouge et noir est-on tenté d’ajouter ! – du docteur Joseph Ignace GUILLOTIN répondant au doux nom de « louisette »…

L’exposition montre à quel point les crimes ont toujours fasciné et inspiré les peintres (voir, entre autres, le nombre de tableaux représentant la mort de MARAT) et d’une manière plus générale, les artistes de tous temps.

Cela va du tragique au sarcastique… de l’esthétique au politique !

Les crimes fondateurs de l’humanité (si l’on peut dire !) sont représentés : parricide, infanticide, fratricide… ce sont là uniquement des actes « personnels », ceux qui placent l’individu au centre de la scène : seul… face à son geste !!

Volonté implicite, rien n’évoque ici la guerre, à l’exception d’un unique tableau de George GROSZ représentant Hitler assis sur une montagne de cadavres…

L’exposition s’ouvre sur le commandement divin « tu ne tueras point » : celui du respect absolu mais aussi celui que le premier homme de chair s’empressa d’enfreindre dès qu’il eut cinq minutes à lui… certains prétendent par jalousie, d’autres pour un plat de lentilles (un vrai régal surtout… réchauffées !) :

Pierre-Paul PRUD’HON : La justice et la vengeance divine poursuivant le crime (1815-1818) – Musée de l’hôtel Sandelin, Saint-Omer.

Bref, une visite qui ne fut pas de tout repos mais je veux bien en convenir… « importante » (je n’irai pas cependant jusqu’à dire nécessaire !).

Le point numéro deux de la manifestation ne concernait que les « lupiniens » membres de l’association, son but : rendre à César… ce qui lui appartient !

Ainsi, placé sous la haute autorité du Vice-président de l’association et de l’organisatrice mandatée, avec toute la discrétion et le tact qu’il convenait en la circonstance, suivant en cela les préceptes du « Maître », les membres présents accomplirent la délicate mission qui leur avait été confiée… à savoir, la récupération de l’un des chefs d’œuvre de la peinture française pour lequel le prêt consenti par son propriétaire actuel arrivait à son terme (je ne rappellerai ici que ses initiales : AAAL) et dont il avait demandé, maintes fois à l’emprunteur, la réintégration dans le « coffre-fort estretatais » :

Gustave COURBET : La falaise d'Étretat après l'orage (1870) - Musée de l’Aiguille Creuse, Etretat.

Déposée en un tour de main, l’œuvre exécutée par celle d’un maître a été remplacée, ipso facto, par la copie préparée à cet effet dans les ateliers des « fées estretataises » en la chambre des demoiselles (copie certifiée originale par les meilleurs experts du moment !)

Maintenant que la porte a été récupérée, il ne reste plus qu’à retrouver l’endroit où le taulier a « planqué » les clés…

Vive Lupin ! Vive la France !

ment votre…

A. Lupinès

PS : L’Association des Amis d’Arsène Lupin n’étant pas actuellement présente sur le net voici ses coordonnées : A.A.A.L. 4 boulevard du Président René COTY – 76790 ETRETAT.

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